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© 2017 Thierry Villon webwriter premium3312 vues

Créé le: 21.08.2015, édité le: 28.01.2016

Vous aviez dit un jour : « Ah ! Si les miroirs pouvaient parler ! » Je vais exaucer votre désir, puisque aujourd’hui on se sépare.

Je vous passe les détails les plus anciens, comment j’ai été fabriqué, quel artisan m’a bichonné pour faire de moi ce que je suis. Il vous suffit de retenir que je suis sorti des ateliers d’un certain Daniel Marot. Ça n’est pas difficile, c’est écrit quelque part dans mon dos. D’ailleurs, vous n’avez pas hésité parfois à vous vanter un peu de ma provenance. Rien de bien méchant.

Après plusieurs années de bons et loyaux services dans l’encoignure de l’entrée principale, j’aurais pu mourir oublié dans la poussière du grenier, étouffé par les couvertures sous lesquelles on m’avait dissimulé. Des jours et des nuits qui m’ont parues interminables, à percevoir les bruits de la guerre qui parvenaient dans ma cachette. Et puis un jour une immense clameur a retenti. Des cris de joie ont fusé de partout : Libération, libération, ils sont repartis, nous sommes libres.

Quand on est revenu me chercher, j’ai cru ressentir que l’on attendait de moi quelque chose d’important. Des mains attentionnées m’ont redonné une nouvelle jeunesse en me débarrassant de toute la poussière accumulée. Revoir la lumière m’a fait du bien. Je me suis retrouvé dans cette charmante antichambre. Les murs portaient encore la marque des absents : des tableaux réquisitionnés, à ce que j’avais cru comprendre. Je faisais de mon mieux pour les remplacer.
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