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© 2017 Thierry Villon webwriter premium3175 vues

Créé le: 24.09.2014, édité le: 24.09.2014

Le temps s’écoule avec lenteur dans l’air chaud de ce dimanche après-midi, le premier de l’été. La gare est comme saupoudrée d’éclats brillants. Les rails au loin luisent sous le soleil. Les quais sont vides à cet instant. Quelques pigeons volent tout en lourdeur entre les poutrelles de fer qui soutiennent l’édifice. Des moineaux plus vifs se disputent les cadavres de mouches collés à l’avant des trains. Nettoyage, chaîne alimentaire, les uns meurent pour que d’autres vivent.
Face à moi, scellée dans le mur, la plaque de marbre rappelle la reconnaissance de tout un pays envers ceux tombés pour sa liberté. Pas la peine d’en dire plus. Ils sont loin mes héros : enfouis, enterrés, déjà presque oubliés. Mais comme à chaque fois que je viens là, je repense à John, son discours à la foule rassemblée, visages graves, regards teintés d’émotion. A les avoir tant lus et relus tout au long des années, ses mots se sont inscrits dans ma mémoire : « Elles ne m’ont pas quitté, leurs paroles immortelles comme des jets de lumière dans la nuit noire qui enveloppaient nos cœurs, ceux de jeunes gens qui ne désiraient que vivre, simplement vivre en paix, ne plus porter le chagrin de la trahison. Notre génération se sentait trahie, mais en même temps, trouvait en elle-même une force trop longtemps ignorée et laissée sous silence. Parce que les mères voulaient les protéger, parce que les pères n’en pouvaient plus du combat, parce que les grands étaient devenus trop grands, parce que les petits souffraient de plus en plus, il fallait que la justice soit rétablie. Tant tant qu’elle restera debout, cette gare en sera un témoin oculaire et dira qu’ici entre les rails, 4 adolescents sont tombés sous les balles des mitraillettes de l’occupant, les soldats aux uniformes noirs chargés des sales besognes. Non seulement, les balles les ont fauchés en pleine jeunesse dans la gare de la petite ville si joyeuse avant que l’abomination ne commence à dominer, mais elles ont façonné l’avenir.
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