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10.12.2018: Témoignage de Hervé Mosquit - 1e Prix du concours 2018

Tricoptus, ce sont des tricoptères. Adalbert est un monsieur qui a un accident sur l’autoroute. D...

Atelier d’écriture Sabine Dormond

QUAND: 13 et 14 octobre 2018.
OU: rue de l’Ancien-Stand 19, à Montreux, dans une maison du 19...

Histoire du jour

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Le Pas par Jacques Defondval

Je suis enterré dans le parking en sous-sol du Scex, au niveau moins deux. Surtout, ne pas sortir de la voiture. Surtout ne pas se rater lamentablement encore une fois. Je reste assis derrière le volant, immobile comme Starman dans sa Tesla pour aller à la rencontre de Mars. Mon rendez-vous à moi est plus définitif. Je ne me sens ni bien ni mal. Je ne me sens plus. Je suis au-delà du perdu. J’attends, les yeux sur la montre digitale du tableau de bord.
Encore six minutes.
Après il sera trop tard. Après, je ne le tenterai plus, je ne le ferai plus. Avant, ce sera trop tôt. J’aurai du temps devant moi Si j’ai ce temps possible, je sais que je le prendrai pour succomber. Il faut que le temps de mon déplacement pour atteindre le lieu soit exactement celui qui m’interdira de revenir en arrière. Dans ma poche, mes doigts serrent l’objet de métal lourd. Depuis que je l’ai emporté, il est devenu tiède dans ma main. Son poids me rassure. Quand je l’aurai lâché, je l’aurai fait. Je me projette dans cet avenir maintenant si proche. Je me projette aussi devant la peur. Celle-là même, que jeune adulte, j’avais définitivement placée à l’origine du Mal. Celui qui immobilise pour ronger et réduire l’être en pantin servile inconsistant. Ce que j’étais devenu. Dans ma sagacité orgueilleuse, j’avais résolument condamné tout ce qui de près ou de loin pouvait émaner de la peur et jamais je ne courberai la tête devant elle. Mais la vie recèle des pièges subtils et la plus perspicace résolution peut devenir toxique.
Encore cinq minutes.
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