Insérer un lien

Choisissez l'histoire et la page vers laquelle vous souhaitez faire pointer le lien

Insérer Annuler

© 2019 Willy Boder webwriter premium699 vues

La malédiction de l’osélé Créé le: 25.09.2019, édité le: 29.09.2019

Le vol TK589 en provenance de Libreville via Istanbul se posa à l’heure sur le tarmac de Genève-Cointrin. La grande horloge Patek Philippe de l’aéroport indiquait 14 h 30, ce dimanche d’août, lorsque Zambé foula le sol helvétique pour la première fois de sa vie. Le Gabonais de la région forestière tropicale d’Ivindo se remémorait le voyage avec effroi. Il fut pris de panique dans cet oiseau de fer à trous d’air, capable de franchir les chaînes de montagnes à très grande vitesse à dix kilomètres du sol.
Pourtant,  cette peur irrépressible ne lui était pas coutumière. Depuis que le natif du village d’Angwé-taba avait réussi, à la sortie de l’adolescence, les impressionnantes épreuves du rite initiatique de Mungala, il se sentait protégé et guidé par les esprits de ses valeureux ancêtres.
L’Africain de l’ethnie Ba-Kota dégageait une étrange aura d’invincibilité. Même ici, sur cette terre étrangère asphaltée sur laquelle des Blancs stressés s’agitaient comme des fourmis dérangées par le bâton enfoncé dans leur fourmilière.
 Zambé n’était pas né de la dernière pluie tropicale. Il avait acquis de bonnes notions de mécanique, d’électronique et d’informatique au lycée technique de Makokou, au bord de la rivière Ivindo. Cela allait lui être très utile pour accomplir, à Genève, la mission secrète confiée par Mbokwa’munga, l’éboto, ou chef de clan en langue kota.
Zambé s’était habillé à l’occidentale pour passer inaperçu dans les rues de Genève. Il disposait de quelques heures avant de mettre son plan à exécution dans le musée d’ethnographie. Sur son chemin, il croisa un Africain, planche à roulettes sous le bras. Et décida de le suivre.
Arrivé à la plaine de Plainpalais, il s’assit sur un bloc de béton, fasciné par la danse des adeptes du
Page 1 sur 14 0 commentaire 1 2 3 ... 12 13 14
r