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Parce que vous disiez par Thierry Villon

Parce que vous disiez… que votre temps était presque fini, que la vie vous avait bien eu, que personne n’écoutait vos chansons, que personne ne lisait vos livres, que personne n’entendait vos paroles.
Parce que vous disiez… que vous étiez seul et sans ami, que vous ne l’aviez pas volé, que vous étiez passé à côté de votre rêve, que vous vous étiez perdu en chemin.
Parce que vous disiez… que prier ne sert à rien, que la porte de la foi est trop étroite pour un si grand égoïste, qu’à trop penser on finit par tourner en rond.
Parce que vous disiez … que vos souffrances vous tenaient éveillé, que vos douleurs vous rappelaient que vous étiez en vie.
Parce que vous disiez… que les trahisons vous avaient tout appris sur la nature humaine, que le moindre sourire a plus de poids que bien des paroles, que l’espoir déçu finit par fatiguer le plus patient des hommes.
Parce que vous disiez… en traversant le parc, que les arbres avaient encore bien poussé cette année, que la nature était ce qui vous rapprochait le plus de Dieu.
Parce que vous disiez… en reprenant un verre, que l’alcool vous faisait mal à la tête, qu’un bon vin dans un mauvais verre perdait tout son éclat, qu’un repas entre amis valait tout l’or du monde.
Parce que vous disiez… vouloir… tourner la page, prendre le large, habiter dans un phare ou sur une île, ne plus rien posséder, brûler toutes ces pages écrites au petit matin, reperdre une nouvelle fois ces quelques kilos superflus. Parce que vous disiez… que la vie vous avait pris des enfants et vous en avait redonné d’autres, que la somme de vos dépenses finissait toujours par dépasser vos gains, que votre seul désir était d’écrire ce que vous n’arriviez pas à dire.
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